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© Musée du Papier peint, Rixheim

Japonismes, l’Empire du Soleil Levant dans le papier peint de 1860 à nos jours

22/03/2013 - 01/02/2015 | Musée du Papier Peint

Papier peint
Manufacture Isidore Leroy, Paris, 1897
Impression mécanique, 4 couleurs

L’ouverture du Japon à l’Occident à partir de 1854 fut une révolution majeure dans le domaine des arts visuels. Fascinés, les Européens et les Américains découvrirent, par l’intermédiaire des collections rapportées du Japon et présentées lors des Expositions universelles, un art qui n’avait d’équivalent ni dans les sujets représentés, ni dans leur mise en oeuvre dans les différentes techniques des arts décoratifs. Si l’influence de la culture japonaise sur le développement des Arts and Crafts, de l’impressionisme et de l’Art nouveau a été étudiée, aucune synthèse n’a concerné encore le domaine spécifique du papier peint.

Les manufactures développent dès les années 1870 une imagerie d’objets convenant aux clients avides d’exotisme, mêlant souvent des références à l’art chinois et japonais. Éventails et emblèmes héraldiques, chrysanthèmes et pins, grues et hérons, mont Fuji, pagodes et kakemonos parsèment les lés de papier peint comme ils investissent le textile et la céramique. L’influence de l’art japonais est aussi perceptible dans le choix et la représentation des fleurs et des oiseaux : chrysanthèmes et fleurs de cerisiers ou de prunier, grues et moineaux sont figurés au naturel, avec une économie de moyens nouvelle dans l’art européen. La mise en page de certains motifs (vues en gros plan, compositions asymétriques, bidimensionalité) doit beaucoup à la découverte des estampes japonaises.

Page d’un album de papier peint,
Manufacture Paul Gruin, Paris, 1925
Impression mécanique, 8 couleurs

Au 20e siècle subsistent dans les collections proposées par les fabricants de papier peint des motifs japonisants, non exempts d’une approche parfois caricaturale. La gamme colorée, l’aspect plus ou moins graphique et la composition en frise ou en motifs répétitifs permettent de dater ces thèmes intemporels de geishas et de lanternes. Depuis quelques années, le Japon fascine de nouveau les consommateurs à travers différents prismes. Il est connu des plus jeunes par les manga, les animes (films d’animation japonais) ou les jeux vidéo.
L’exposition du musée du Papier peint présente ces différents aspects du japonisme à travers une centaine de motifs de papiers peints, quelques objets japonais et des revues de la fin du 19e siècle ayant diffusées cette révolution esthétique.