pano_Le tubage, peinture de Georges Chicotot, 1904

Le tubage est l’une des quatre œuvres de Georges Chicotot conservées par le musée de l’AP-HP. Elle représente le service du Docteur Josias, dans le tout nouvel hôpital Bretonneau construit en 1901. Ce dernier y est représenté au centre en train de tuber un jeune enfant, tenu par une infirmière et un assistant. Derrière, le groupe des élèves externes et des étudiants observe.

À une époque où les maladies infantiles sont un des fléaux de la société, les moyens de les combattre sont maigres. Ces maladies se nomment scarlatine, rougeole, tuberculose, coqueluche… et parmi elles la diphtérie. Cette dernière est une des plus meurtrières des maladies infectieuses de l’enfant. En effet, en évoluant, elle peut causer le croup, une affection respiratoire qui cause un gonflement des voies respiratoires jusqu’à étouffement et peut être mortelle. Pour éviter la trachéotomie, préconisée alors par le Professeur Trousseau, et parfois tout autant mortelle ; la pratique du tubage est peu à peu mise en place. Les Docteurs Bouchut et O’Dwyer sont les grands noms du développement de cette pratique dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Il s’agit d’introduire un tube creux dans le larynx, évitant ainsi la mort par asphyxie. Le tubage ne soigne pas l’infection, mais permet de dégager en urgence les voies respiratoires. Le sérum antidiphtérique est lui mis au point par le Dr Roux en 1894. A droite, de la scène, on peut remarquer un interne en train de préparer l’injection du sérum qui sauvera définitivement l’enfant.

Médecin et peintre, Chicotot fut d’abord élève des Beaux-Arts où il a développé très vite un goût pour le dessin anatomique. Tout en continuant sa carrière artistique, il s’intéresse à la médecine et commence de nouvelles études en 1892. Il s’inscrit rapidement comme un grand nom de la peinture médicale et a eu à cœur de produire des toiles documentaires sur la médecine de son temps. Ainsi, même lorsque ses activités de médecin ne lui laissaient que peu de temps pour peindre, il arrivait toujours à envoyer une toile par an au Salon de l’Académie des beaux-arts.